Candelon · Petitjean · Siaens — août 2026

Que rapporte encore le capital ?

Ce que le débat fiscal oublie de mesurer

« Le capital est sous-taxé. Il suffirait de le taxer davantage pour soulager le travail. » L’argument est partout. Il repose pourtant sur une comparaison tronquée.

Offerts à chaque acheteur du livre : la version numérique à votre nom et un podcast de 30 minutes · Broché, 220 pages · ISBN 9791042494230

Couverture du livre « Que rapporte encore le capital ? Ce que le débat fiscal oublie de mesurer » : un iceberg dont la partie immergée porte les mots fiscalité, coûts cachés, complexité et frictions administratives.
Sous la surface

Ce que le rendement affiché ne dit pas

Le livre suit le rendement du capital depuis son origine jusqu’au pouvoir d’achat qu’il laisse réellement à son détenteur : impôt des sociétés, précompte mobilier, taxes patrimoniales, frais, inflation et, finalement, droits de succession.

73,5 %

d’un rendement comptable de 7,2 % avant impôt des sociétés ne devient pas du pouvoir d’achat pour l’investisseur : il reste 1,91 % réel net.

Actions cotées, scénario central · p. 15
2 %

Un impôt annuel additionnel de 2 % sur la fortune suffirait, à lui seul, à absorber intégralement le rendement réel net du scénario central.

Synthèse · p. 18
78–84 %

d’érosion après vingt ans et transmission à un enfant unique, pour un portefeuille en gestion discrétionnaire.

Synthèse · p. 16
52,5 vs 30

Le coin fiscal complet du travail face au seul précompte mobilier : une chaîne entière opposée à l’un de ses maillons.

Chapitre 7 · p. 186-187

L’érosion économique n’est pas un taux d’imposition : c’est la part d’un rendement de départ qui ne se transforme pas en pouvoir d’achat réel, après les prélèvements, les frais et l’inflation compris dans le périmètre considéré.

Le livre

La mesure, non la polémique

Ce livre ne défend pas les plus fortunés. Il montre que la fiscalité du capital ne touche pas seulement les patrimoines déjà constitués, mobiles, diversifiés et bien conseillés, mais aussi ceux qui cherchent encore à se constituer un patrimoine par l’épargne et l’investissement.

En concentrant le débat sur les très grandes fortunes, on risque d’occulter une question plus large : dans quelle mesure la fiscalité actuelle permet-elle encore la formation de nouveaux patrimoines ?

À partir du cas de la Belgique, les auteurs éclairent un débat qui traverse toute l’Europe. Leur diagnostic rappelle une réalité trop souvent évacuée : on ne peut durablement alléger le travail en reportant toujours davantage la charge sur le capital sans s’interroger aussi sur le niveau et l’efficacité de la dépense publique.

Un travail d’économie appliquée qui privilégie des outils de mesure simples, des hypothèses explicites et des objections anticipées plutôt que contournées. Il se lit à deux niveaux : le détail des calculs pour qui veut tout vérifier, les tableaux de synthèse et les conclusions pour qui préfère suivre le raisonnement.

Partie I

De quoi parle-t-on quand on taxe le capital ?

  1. 1Trois lectures du capital qu’il ne faut pas confondre
  2. 2Sept distinctions indispensables à l’analyse fiscale du capital
Partie II

Ce qu’il reste du rendement

  1. 3Le capital à risque coté comme premier laboratoire fiscal
  2. 4L’immobilier non coté comme second laboratoire fiscal
  3. 5Pourquoi investir si les rendements réels nets sont si faibles ?
Partie III

Taxer davantage ou taxer autrement ?

  1. 6Taxer le stock
  2. 7Globalisation ou imposition duale : ce qui changerait
Extraits

Deux passages clés par chapitre

Quatorze extraits, cités tels qu’ils figurent dans le livre, avec leur pagination.

Partie I
Partie II
Partie III
Chapitre 1

Trois lectures du capital qu’il ne faut pas confondre

Le biais de valorisation

Prenons, à titre purement illustratif, un actif perpétuel rapportant chaque année 4 euros. Si le rendement exigé est de 4 %, il vaut 100. Si ce rendement tombe à 2 %, toutes choses égales par ailleurs (croissance, risque et liquidité notamment), sa valeur théorique passe à 200. Le patrimoine a doublé mais le revenu annuel n’a pas bougé : il reste à 4. Si l’on regarde seulement le stock de patrimoine, on conclut à un enrichissement spectaculaire. Si l’on regarde le flux de revenu, on constate que rien n’a changé.
Chapitre 1 · p. 40

Le biais de liquidité

Prenons deux personnes ayant chacune un patrimoine estimé à 10 millions d’euros. La première détient un portefeuille de 10 millions d’euros en actions cotées très liquides. Si elle doit payer un impôt de 1 %, soit 100 000 euros, elle peut vendre une petite partie de son portefeuille. La seconde détient une entreprise familiale estimée à 10 millions d’euros, mais cette entreprise ne distribue que 80 000 euros de dividendes par an parce qu’elle réinvestit le reste. Si cette personne doit payer 100 000 euros d’impôt annuel sur la fortune, son revenu liquide ne suffit pas. […] Une fiscalité qui ignore la liquidité confond richesse estimée et capacité immédiate de paiement.
Chapitre 1 · p. 41

[…] signale une coupure dans la citation.

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Les auteurs

Trois regards sur la finance et la fiscalité

BC

Bertrand Candelon

Professeur à la Louvain School of Management (UCLouvain) et directeur de Louvain Finance. Expert auprès du Fonds monétaire international depuis 2011, il mène des travaux sur les crises financières, la macrofinance et la prévision économique. Il a conseillé le gouvernement fédéral belge, notamment pendant la crise du Covid-19 et lors du choc inflationniste de 2022.

MP

Mikael J. K. Petitjean

Professeur à la Louvain School of Management (UCLouvain) et économiste en chef de Waterloo Asset Management. Titulaire d’une habilitation à diriger des recherches obtenue à l’Université Paris Dauphine-PSL, il a pris part à plusieurs conseils et auditions consacrés aux questions économiques, financières et fiscales en Belgique. Ses publications portent notamment sur la stabilité des marchés et la gestion d’actifs.

AS

Alain Siaens

Figure reconnue de la finance belge. Il a exercé des responsabilités au sein de la Banque Degroof, devenue Degroof Petercam, puis chez Indosuez, où il a contribué au développement de la banque privée et au rayonnement européen du groupe. Ancien enseignant à l’UCLouvain, il siège aujourd’hui dans plusieurs conseils d’administration, auxquels il apporte son expertise en gouvernance, stratégie patrimoniale et structuration du capital.

« Une économie développée n’a pas besoin d’une fiscalité qui oppose le travail au capital, mais d’une architecture fiscale qui leur permette de produire davantage ensemble. »
Synthèse, p. 22 Lire le livre
Questions fréquentes

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Les pourcentages d’érosion sont-ils des taux d’imposition ?

Non. Le livre le précise dès l’introduction :

« Cet indicateur ne constitue ni un taux d’imposition ni une attribution définitive de l’incidence économique de chaque prélèvement : il mesure une déperdition, celle qui sépare un rendement affiché du pouvoir d’achat qu’il procure vraiment. » (p. 24)
Le livre ne parle-t-il que de la Belgique ?

Il part du cas belge, laboratoire particulièrement révélateur, mais les mécanismes mis en lumière valent pour toute économie ouverte où l’on envisage de déplacer la charge fiscale du travail vers le capital. La France, la Suisse, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède y sont également étudiés.

Faut-il être économiste pour le lire ?

Non. Le lecteur qui souhaite vérifier chaque résultat trouvera le détail des hypothèses et des calculs dans les chapitres 3, 4 et 7 ; celui qui préfère suivre le raisonnement peut s’appuyer sur la synthèse, les tableaux récapitulatifs et les conclusions.

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